Pourquoi il faut absolument (re)voir ‘The End of Evangelion’ au cinéma

Le distributeur français Eurozoom a annoncé la sortie de deux films originaux de la saga culte dans les salles à partir du 3 novembre. Une chance de revenir à ce chef-d’œuvre de l’animation.

évangélisation Il occupe une place unique dans l’histoire de l’animation. C’est l’une des saga les plus populaires de ces 30 dernières années, malgré son côté radical et expérimental.quel que soit évangélisation Aujourd’hui dans le panthéon de la science-fiction, l’anime est à l’origine une histoire conceptuelle et métaphysique. En fait, Anno Hideaki imagine son chef-d’œuvre non pas comme une licence lucrative pour l’avenir, mais comme une catharsis de ses déboires personnels, de l’aliénation à la dépression.

Quand un succès extraordinaire se transforme en catastrophe humaine

La série a commencé à être diffusée en octobre 1995, et lorsque l’émission s’est terminée, les complexités ont empêché Anno d’arriver aux conclusions qu’il avait imaginées : la télé était trop explicite, le budget était décevant, le scénario était inachevé… Le réalisateur a dû trouver un autre façon, plus abstrait et philosophique. Les deux derniers épisodes renoncent donc au spectaculaire et à l’animé au sens classique. L’équipe a utilisé ces croquis pour illustrer la vision symbolique et spirituelle d’Anno, arrangée plus illustrative et expérimentale que narrative. Mais les fans ont pris l’évolution de l’anime très au sérieux et la scène finale n’a pas répondu à leurs attentes. La fin était considérée comme incomplète, insultante et même impardonnable. L’équipe, y compris Hideaki Anno, a reçu des réactions hostiles, y compris des menaces de mort, et a même vandalisé la salle du Studio Gainax. Une situation insupportable qui va pousser le réalisateur à imaginer une nouvelle issue.

C’est dans ce contexte explosif que mort (vrai)² et La fin d’Evangelion Sortis en 1997, les deux films sont sortis à quatre mois d’intervalle. Si le premier était une compilation des 24 premiers épisodes de la série (avec quelques nouvelles scènes ajoutées), le second reprend la fin prévue au début (on voit pourquoi elle a été abandonnée). Ce long métrage plein de créativité visuelle ambitieuse est en effet une proposition radicale. Le style d’Anno a été multiplié par dix lors de la danse de 86 minutes, avec du porno effrayant, une théologie terrifiante et des expériences bizarres menant la danse. Des animations qui étaient limitées dans la série originale pour des raisons budgétaires ont été exploitées ici pour donner vie à la vision apocalyptique d’Anno. Plus que la conclusion d’une histoire de danse, La fin d’Evangelion est la porte d’entrée de l’esprit brisé de son créateur.

Les longs métrages contiennent de nombreuses scènes mystérieuses et symboliques.© Debecques

Le cri désespéré d’un artiste surmené

Si la réalisation est époustouflante, ce sont les thèmes développés qui rendent ce film unique. Anno Hideaki avait une mauvaise opinion des fans d’anime à l’époque. C’est un point de vue compréhensible vu la réaction du public, mais le dégoût est en fait antérieur à la production de la série : Anno était aussi fan de manga et d’animation avant de devenir illustrateur et réalisateur, mais son enthousiasme s’est peu à peu « déconnecté ». de la réalité et occupait une place très (trop) importante dans sa vie. Finalement, le poussant à l’isolement : “Je suis fan d’animation depuis 21 ans, et maintenant, à 35 ans, je le constate avec tristesse : je ne suis qu’un honnête idiot”a-t-il conclu dans une interview.

C’est pourquoi les réalisateurs japonais essaient de semer la confusion dans l’esprit du public. Le film fait même tomber les barrières de l’animation pour étayer son propos. La fin d’Evangelion Contient plusieurs scènes capturées dans le monde réel qui nous montrent des fans célèbres lors de la diffusion, et même des salles de studio vandalisées. Les personnages savent que, pour eux, la fin est plus frustrante que les autres. Comme si le réalisateur essayait de briser les attentes du public.

Le film contient plusieurs scènes d’action en direct.© Debecques

Nettoyez l’ardoise – alerte spoiler !

La fin d’Evangelion Pris au piège des ténèbres dans le chaos le plus total, jusqu’au début de l’acte final : le protagoniste Shinji vient d’être effacé de la réalité. L’humanité n’existe plus, seule Asuka réapparaît. Le dernier geste de Shinji a été de… l’étrangler. Alors il ressuscite la fille qu’il aime avec la seule intention de la tuer de ses propres mains – et quand elle se réveille, il s’arrête finalement. C’est moralement terrible et en même temps très puissant symboliquement. Anno Hideaki était donc là pour exorciser son tourment.

Asuka est l’un des personnages préférés des fans, son image a donc été détournée, notamment à des fins commerciales. Elle incarne aussi parfaitement une tendance forte chez les fans d’anime et les artistes : la sexualisation à outrance des personnages de fiction, notamment ceux à l’apparence enfantine. Par conséquent, cette scène de clôture peut être interprétée comme Anno Hideaki essayant de “tuer” sa passion pour l’animation, tout en tuant également son travail, étant pris en otage par ses fans. Shinji, qui n’a pas fini ses gestes, symbolise dans ce cas l’incapacité du réalisateur à faire le deuil complet de son univers.

Si la narration fait tout pour dégoûter le public, difficile de ne pas développer une certaine sympathie pour un artiste qui a perdu le contrôle de son travail. Ou se sentir coupable devant quelqu’un qui a montré au monde sa vulnérabilité.Si le nihilisme est compliqué, proposer l’est aussi – jusqu’à ce que la saga soit repensée Reconstitution d’Evangelion – une conclusion plus mémorable.

Le distributeur a dévoilé les dates de sortie des deux films sur le réseau social.©Eurozoom

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