Acquiert l’ADN de l’ex-Crunchyroll pour “maintenir une relation directe avec le public”

A l’origine genzai.fr et kzplay.fr, les plateformes de vidéo à la demande de Media-Participations et VIZ Media Europe. Leur fusion en septembre 2013 a donné naissance à l’Anime Digital Network, qui dispose d’un catalogue de 4 000 épisodes d’anime et d’une cinquantaine de films : Naruto, Conte de fées ou mages au menu.

En dix ans, les acteurs ont changé : Crunchyroll, alors filiale de WarnerMedia, a fusionné en 2019 avec VIZ Media Europe, qui comprend entre autres l’éditeur de mangas et d’animes Kazé. Deux ans plus tard, la filiale Funimation Global Group de Sony, rachète Crunchyroll et ses divisions. Rappelons toutefois qu’avec l’acquisition de Kazé en 2009, VIZ Media Europe (appartenant aux éditeurs japonais Shûeisha et Shôgakukan) a établi une stratégie dédiée au territoire français. Alors Kazé appartenait définitivement à la marque Crunchyroll en juin dernier.

Mais les temps ont changé, et les anciens copains se séparent pour des lendemains plus heureux, car chacun est de son côté. Crunchyroll cède sa participation dans ADN, qui devient alors l’entière propriété de Média-Participations : quelques mois après avoir intégré le capital de Deezer, l’entreprise française a décidé d’intégrer ses composantes numériques.

Lecture : Media Engagement et Deezer, livres audio, podcasts, bandes dessinées

Pour les anecdotes, rappelons que Crunchyroll a débuté comme site de partage de vidéos (y compris les abonnements de fans) en 2006, avant de passer à la distribution légale deux ans plus tard. Cependant, le groupement d’intérêt général que représente ADN est aussi animé par l’urgence d’une offre légale pour faire face au piratage…

ADN, problèmes génétiques

Sur Crunchyroll, ceder d’ADN facilite le service mondial en cours et le travail d’unification de la marque en Europe. Ainsi, lorsque la plateforme française Wakanim a fusionné avec Crunchyroll – en mars 2022 – il n’a pas fallu longtemps pour que le catalogue se déverse directement dans le pipeline de la société mère.

Il en va de même pour Funimation, qui a été inscrit sur Crunchyroll en janvier 2016 et finalement acquis en juillet 2017. Sony est devenu l’actionnaire majoritaire pour 143 millions de dollars, et le reste des retombées est bien connu. Au fait, Funimation a également testé Wakanim : le monde est petit.

ADN est ainsi devenue la plus importante plateforme de streaming en France, centrée sur l’animation, avec des titres tels que Naruto, pièce, L’attaque des titans, chasseur à plein tempsTueur de démons – Ne le jetez plus ! ” La volonté d’ADN a toujours été de partager sa passion pour l’animation japonaise ou française avec le marché français. C’est pourquoi ADN proposera désormais une gamme plus large d’animes japonais, d’animations pour adolescents et adultes et d’originaux français.” a déclaré le directeur général de la structure Julien Lemoine.

Les chiffres financiers n’ont évidemment pas été communiqués, mais les projets ne manquent pas : Ankama – dont Media-Participations est actionnaire depuis 2017 – et ADN vont collaborer sur les productions et la technologie. Le studio de création de jeux vidéo, qui s’est diversifié avec l’édition de jeux de société, de livres et d’animations, a également rejoint Strings of Webcomics en mai dernier.

Le besoin d’un travail original

Néanmoins, la scission devient de plus en plus prévisible, comme le confirme Julien Papelier, directeur général adjoint de Media Engagement. ” Crunchy a deux plateformes de distribution, sa propre plateforme et ADN, ce qui n’a pas beaucoup de sens pour le marché français.Et, suite à l’acquisition, Sony a rejoint la mêlée avec les bagages de Wakanim. Ainsi, Crunchy a fait trois offres pour le territoire français – et l’avenir d’ADN passe par une décision du côté des médias.

Certes, des discussions sont en cours depuis un moment, mais une série de validations légales et autres se mettent en place afin de parvenir à un accord…

À ce stade, Media Participations est particulièrement heureux que la majeure partie de l’équipe DNA soit toujours en déplacement. “Nous partageons ce sentiment de construire un actif performant, l’équipe est très connectée à ses abonnés et membres : il serait dommage de ne pas continuer à travailler avec eux», poursuit Julien Papelier.

D’autant que les thèmes ne manqueront pas, à commencer par le plus sensible : assurer les oeuvres jouées jusqu’ici. “La France reste le pays de référence pour tout ce qui touche à la culture japonaise, ce qui nous fait du bienPourtant, l’enjeu est de taille : se rapprocher des partenaires japonais, prévoir et maintenir des offres compétitives. “L’investissement est important, mais le modèle média est une vision à long terme qui passe aussi par la gestion de la marque. Nous avons des façons assez uniques de mettre l’accent.»

comme une success storyNarutoD’un pseudonyme d’éditeur de BD en passant par les droits audiovisuels de Médiatoon dans le monde entier”,Faire preuve de cohérence dans l’actionCela n’empêche pas, au contraire, de regarder les prix de l’immobilier à Tokyo, juste au cas où il faudrait approcher des éditeurs japonais…

En parallèle, ADN va très logiquement développer des productions originales – incontournables des services de streaming – et se démarquer ensuite auprès des abonnés.Lors du Festival d’Annecy, la première coproduction a été dévoilée : l’adaptationrêver, édité par Pickup. Le succès de la bande dessinée française place de grands espoirs dans l’œuvre audiovisuelle – et, bien sûr, d’autres viendront.

Connectez-vous avec le public

Dans l’encadré, l’objectif premier d’ADN est “Une richesse de talents européens qui ont construit une culture métissée, influencée par les États-Unis, le Japon et la France-Belgique“, a noté la DGA. L’intégration de l’équipe sera progressive, avec une perspective claire :Face aux géants du numérique aux USA, en Chine ou au Japon, il faut exister et entretenir une relation directe avec le public“, souligne Julien Papelier.”Cette connexion devient critique, tant pour les lecteurs que pour les téléspectateurs. »

À partir de là, la gamme créative s’est élargie et des produits ADN sont proposés, qui seront intégrés aux collections pour adolescents et adultes. Chez Média, nous avons déjà une certaine expérience en la matière – Tintin, Taureau et Bill, Garfield, même Marsupilami et les Schtroumpfs en sont la preuve. Habiliter les plateformes avec des œuvres innovantes et inédites ne fait qu’augmenter leur attrait.

Ensuite, difficile d’ignorer la conversation avec Ankama. Bref, les studios ont beaucoup en commun, avoue Julien Papelier. “Nous n’allons pas consolider les structures car nous préférons avoir une culture diversifiée. En revanche, le rapprochement des forces est évident, car Ankama et ADN ont un univers fusionné. Les jeux, la fantasy, les mangas et l’animation japonaise communiquent en permanence.N’oubliez pas les webcomics et leur essor…

Crédit image : ADN

Leave a Comment

%d bloggers like this: